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Actualités
Proposition de Loi sur l'Optométrie
Madame
Panis, Sénateur de la Meurthe-et-Moselle, a
déposé le 2 juin 2010 une Proposition de Loi relative
à la reconnaissance de l'Optométrie en France.
Il s’agit là d’un texte particulièrement cohérent, qui peut se résumer en trois points :
L’optométriste prescrit les verres correcteurs,
L’optométriste prescrit les lentilles de contact
L’optométriste dépiste les états oculaires
anormaux. En cas de doute quant à une anomalie oculaire ou
visuelle, il réfère son client à un
ophtalmologiste.
Ce texte donne des droits à l’optométriste, en
contre partie du devoir de participer, par le dépistage,
à la santé oculo-visuelle de nos concitoyens,.
Le dépistage en santé oculaire fait partie, depuis
plusieurs décennies, de la formation des optométristes.
La proposition de Madame Panis introduit dans la formation des futurs
optométristes, l’obligation d’un stage clinique
auprès d’un ophtalmologiste ou d’un
optométriste.
Proposition de loi relative à la reconnaissance de l'optométrie en France,
n° 521, enregistré à la Présidence du Sénat le 2 juin 2010.
| proposition de loi optométrie |
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L'adaptation des lentilles de contact
Adaptation des lentilles de contact, une jurisprudence évolutive
Les textes réglementaires restent muets sur la pratique de
l’adaptation des lentilles de contact par les opticiens,
qu’ils soient ou non qualifiés en optométrie. Une
jurisprudence s’est développée dans les
années 80, à partir d’une décision de la
Cour de Cassation du 17 février 1981 (1), assimilant
l’adaptation des lentilles de contact à un acte
médical.
Une ordonnance de non-lieu, du 30 novembre 1990, a infirmé cette
appréciation de la Cour de Cassation, sans que le Parquet
n’intervienne. Cette ordonnance précise :
“Au vu de ces éléments, il n’apparaît
pas que l’adaptation des lentilles cornéennes soit un acte
susceptible de constituer un exercice illégal de la
médecine.” (2)
Cette décision de justice est devenue définitive, le
syndicat des ophtalmologistes (SNOF), plaignant et partie civile, qui
estimait que la pratique d’un opticien constituait un exercice
illégal de la médecine, n’a pas contesté ce
non-lieu.
Dans l’état actuel du droit Français, l’adaptation des lentilles de contact ne peut
être considérée comme un acte seulement médical, c’est aussi un acte technique
d’équipement optique.
Ajoutons qu’en 1998, le Conseil National de la Consommation avait émis une
recommandation :
“... le groupe s'est montré favorable à ce que
l'adaptation (ndlr : des lentilles de contact) puisse
éventuellement être assurée par des opticiens
spécifiquement formés pour en avoir la compétence.
Celle-ci doit être clairement identifiable pour les
consommateurs”. (3)
La formation des opticiens à l'adaptation en lentilles de contact
1) Dans le cadre universitaire
L'université, dès 1981, avec la Licence d'Optique
Physiologique, d'Optique de contact et d'Optométrie, a
enseigné à des diplômés opticiens (BTSOL),
officiellement, l'adaptation des lentilles de contact.
Cet enseignement s’est développé et a pris en 1992 la forme d'une Maîtrise,
avec un horaire renforcé pour la formation théorique et
clinique, particulièrement en adaptation de lentilles de
contact.
En 1997 est créé, toujours par l'université, un
Diplôme Universitaire de contactologie, ouvert à des
opticiens en exercice, en formation continue.
Ce diplôme connaît un important succès, attirant chaque année plus de 300 candidats.
Ces formations universitaires en adaptation de lentilles de contact
pour les opticiens s'effectuent aujourd'hui dans le cadre de la Licence
d'Optique Professionnelle que proposent plusieurs
universités, du Master en sciences de la
vision, orientation professionnelle, et dans celui du
Diplôme Universitaire en Contactologie.
La formation des opticiens à l'adaptation de lentilles de
contact se fait par conséquent, de façon tout
à fait officielle, depuis plus de 26 ans, dans les
universités françaises.
Cela, sans le moindre problème de sécurité
sanitaire, ni au niveau de la formation, ni au niveau des
professionnels ainsi formés, dans le cadre de leur exercice.
2) Dans le cadre de formations supérieures, post BTSOL
La formation des Opticiens Lunetiers (BTSOL) est insuffisante pour
répondre à l’évolution de leur
métier. C’est pourquoi, parallèlement aux
formations universitaires se sont développées des
formations complémentaires : CQP et Préparation au
Diplôme Européen d’Optométrie.
Le développement de ces formations répond aux
dernières recommandations de la HAS, en vue d’optimiser le
fonctionnement des filières de santé :
« La réflexion sur les modifications à
apporter dans les programmes actuels de formations ou la mise en place
de nouvelles formations devra être menée dans le cadre
d’une large concertation qui doit déboucher sur la
définition de référentiels de formation construits
à partir des référentiels d’activités
et de compétences. Il s’agit, en particulier, de
développer une offre de formation correspondant à un
niveau de qualification intermédiaire (entre les diplômes
actuels des professionnels paramédicaux et les diplômes
médicaux).” (4)
Références :
1 Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 17 février 1981, 80-92.511, Publié au bulletin 80-92511.
2 Cour d’appel, Tribunal de grande instance de Nancy, Ordonnance de non-lieu du 30 novembre 1990.
3 Avis et Rapport du Conseil national de la consommation relatif a l'optique médicale du 06 avril 1998).
4 Délégation, transferts, nouveaux métiers…
Comment favoriser des formes nouvelles de coopération entre
professionnels de santé ? Recommandation HAS en collaboration
avec l’ONDPS ; Avril 2008.
Quelles évolutions pour la prise en charge des dispositifs visuels ?
Aujourd’hui, pour 100 euros de prix public d’un dispositifs visuel (lunettes correctrices),
> 5 euros sont pris en charge
par le Régime Obligatoire de l’Assurance
Maladie
> 40 euros sont pris en charge par les Assurances Complémentaires,
> 55 euros restent à la charge de l’assuré.
Le Code de la Santé réserve
la délivrance de verres correcteurs aux opticiens (Art. L.
4362-9). Cette délivrance nécessite une prescription
médicale, pour les seuls mineurs de 16 ans.
La Sécurité Sociale assurait initialement une prise en
charge majorée, si la mesure de la vision était
effectuée par l’opticien. Rapidement, cette disposition a
été supprimée, toute prise en charge de lunettes
correctrices imposant une prescription médicale.
Cette obligation d’une prescription médicale
généralisée à tous les assurés
sociaux était sensée se justifier par la
nécessité d’un examen médical, permettant de
dépister une éventuelle pathologie oculaire, le glaucome
en particulier.
Après plus de cinquante ans de ce circuit pratiquement
imposé à tous les porteurs de lunettes, c’est
à dire à quasiment toutes les personnes
âgées de plus de 45 ans, la santé oculaire est-elle
mieux assurée en France ?
L’étude publiée en février 2004 par la
CNAMTS1 montre que le pourcentage de cas de glaucome reconnus
tardivement (quand des pertes de fonction visuelle se sont
déjà produites) est le même en France que dans les
autres pays développés, où le passage par un
médecin n’est pas obligatoire pour la prise en charge des
lunettes correctrices. Le risque supposé d’une
“perte de chances” en cas de prescription de lunettes
correctrices par un non médecin n’est pas
avéré, par rapport au glaucome. Cette donnée est
d’autant plus importante que le glaucome constitue le risque
oculaire évitable le plus important dans les pays
développés.
L’étude CNAMTS montre également que le
dépistage en santé oculaire, pratiqué par les
opticiens optométristes ou optométristes dans plusieurs
pays développés, est d’un niveau de
sécurité comparable à celui pratiqué par
des médecins.
Le transfert complet de la prise en charge des dispositifs visuels
à l’Assurance Maladie Complémentaire, avec abandon
de l’obligation d’une prescription médicale pour
cette prise en charge, ne pose pas de problème de santé
oculaire particulier.
Une incitation à la formation des opticiens au dépistage
en santé oculaire, 2.500 à 3.000 d’entre eux ayant
déjà entrepris une formation dans ce domaine, permettrait
d’accroître le niveau de sécurité.
Des délégations de compétences pourraient suivre
le schéma proposé par la HAS, selon des niveaux de
formation à bac plus trois et bac plus cinq.
Des obligations de pratique d’actes de dépistage
pourraient être établies, comme c’est le cas dans
plusieurs pays européens, en Grande-Bretagne notamment.
Voici notre communiqué du 14 avril 2007, suivi des décrets.
| communiqué et décrets |
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