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Prescriptions de lunettes : 60% des ophtalmologistes inaccessibles, selon une étude menée pour l’AOF

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La 38e édition du Congrès d’optométrie et de contactologie s’est déroulée à Montrouge (92), les 20 et 21 janvier. Lors « des mots du président » le dimanche soir, Yannick Dyant, président de l’Association des Optométristes de France (AOF), a présenté les résultats d’une étude réalisée entre septembre et octobre 2018 par FlexyCall auprès de 3 873 ophtalmologistes*. Cette dernière dresse un bilan inquiétant de l’accès aux soins ophtalmologiques.

 

60% des ophtalmologistes sont inaccessibles


Premier enseignement de cette étude : près de 60% des ophtalmologistes sont inaccessibles à un nouveau patient qui aurait besoin d’une prescription de lunettes. Un taux en hausse de 37% par rapport à 2015, date de la dernière étude réalisée pour le compte de l’AOF.

 

Parmi les causes de l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous :

- le secrétariat est simplement injoignable (50,55%)
- refus de prendre de nouveaux patients (16,29%)
- l’ophtalmologiste ne s’occupe pas de la prescription de lunettes (11,01%)

 

Une offre en ophtalmologie inaccessible

offre en ophtalmologie

 

Taux de refus constaté par région : Auvergne-Rhône-Alpes : 65.63% - Bourgogne-Franche-Comté : 67.37% - Bretagne : 75.20% - Centre-Val de Loire : 72.28% - Corse : 33,33% - Grand Est : 77.99% - Hauts-de-France : 69.70% - Île-de-France : 47.29% - Normandie : 71.15% - Nouvelle-Aquitaine : 55.71% - Occitanie : 62.55% - Pays de la Loire : 53.62% et Provence-Alpes-Côte d'Azur : 44.08%.

 

Aucune solution n’est proposée en cas de refus de rendez-vous


Autre enseignement : plus de 80% des ophtalmologistes interrogés ne proposent aucune solution. Pire, selon cette étude, « le renouvellement des lunettes par les opticiens n’est jamais encouragé ». Seul 0,19% des praticiens ont orienté le patient vers un opticien dans le cadre du renouvellement avec adaptation de la prescription.

 

Ophtalmologistes : près de 3 mois d’attente pour un rendez-vous


Le délai moyen pour consulter un praticien reste stable (79 jours) quand il est possible de prendre un rendez-vous, malgré une forte augmentation des besoins (d’ici 2040, il y aura plus de 45% de patients souffrant d’un glaucome et une augmentation de 53% du nombre de DMLA, ndlr) et une diminution du nombre d’ophtalmologistes acceptant de nouveaux patients.

 

Mais ce n’est pas tout… de fortes disparités dans l’accès aux soins ophtalmologiques sont constatées, selon les territoires : 28 jours en Corse, 48 jours en Ile-de-France, 50 jours en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, 83 jours en Nouvelle-Aquitaine, 96 jours en Occitanie contre 157 jours en Centre-Val de Loire, 124 jours en Bretagne ou 122 jours dans le Grand Est.

 

Les délais pour obtenir un rendez-vous chez l’ophtalmologiste

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« Ces chiffres sont particulièrement inquiétants. Malgré les nombreuses réformes menées sous l'impulsion des ophtalmologistes, et malgré la réorganisation complète de leur activité, le refus de prise en charge est en nette augmentation », explique Yannick Dyant. Et de poursuivre : « suite à cette évolution de l'activité en ophtalmologie, nous constatons que l'offre en ophtalmologie s'est concentrée dans des cabinets travaillant avec des orthoptistes et des optométristes en consultation aidée. Cette solution reste limitée, puisqu'elle n'améliore pas la couverture territoriale nécessaire à l'éradication des déserts médicaux, et a pour conséquence une augmentation des honoraires des ophtalmologistes ».

 

Face à cette situation, les pouvoirs publics ont commencé à se mobiliser avec les acteurs de la filière visuelle. « Des premiers résultats encourageants ont été constatés en 2018 : le rapport de la Cour des comptes et les déclarations de la ministre de la Santé qui confirme son ouverture vis-à-vis de l’optométrie », s’est réjoui Yannick Dyant.

 

*Il s’agit d’ophtalmologistes qui exercent une activité libérale ou en centre de santé

 

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